Qualité de la formation

Que faire pour améliorer la qualité de l'enseignement ?

Répondre à cette question pertinente n'est pas simple, mais on peut essayer d'y réfléchir quelque peu sachant tout l'enjeu de cette question. Essayons d'y voir clair et de classer par axes principaux.

1. Environnement dans lequel est dispensé l'enseignement
Je pense que les établissements scolaires actuels privés ou publics sont trop grands; ceci est le résultat d'une volonté purement économique ne visant qu'à faire des économies d'échelle. C'est sans doute là une aberration car aucun enseignant ne peut affirmer sans rire qu'il connait les 900 élèves voir plus de son établissement. Il est facile de prétendre qu'il n'est pas nécessaire de connaitre tous les élèves, ce qui ne peut se justifier d'aucune façon quand le but de l'enseignement est d'abord humaniste.

Donc, un point important, selon moi est de limiter la taille des établissements d'enseignement à environ 150 élèves. Ainsi il est raisonnablement possible de connaitre suffisamment les élèves; de même la surface occupée par l'établissement reste à taille humaine et il est facile d'en connaitre les moindres recoins. La frontière entre cet établissement et le monde extérieur est bien plus facile à contrôler; plus besoin de barrières, clôtures genre prison, dispositifs de surveillance électronique, etc... Par ailleurs la meilleure répartition de plus d'établissement sur le territoire évite des trajets longs dans les cars scolaires ou dans les transports tant pour les enseignés que pour les enseignants.

2. Qualité contrôlée du corps enseignant
Mon fils a eu le malheur de connaitre une prof d'anglais qui s'exprimait la plupart du temps ... en français et qui ressortait d'une année sur l'autre un discours rodé bien creux ! Comment est-il possible que cette dame puisse continuer de sévir alors que sa compétence est gravement mise en cause selon moi ?

Le système de contrôle existant, par des inspecteurs qui sont plus rares que les contrôleurs dans un train de banlieue ne risque pas de relever les mauvaises manières d'enseigner et encore moins d'y remédier. Les enseignants notent les élèves, normal. De même les enseignés doivent pouvoir donner leur avis sur la qualité de l'enseignement reçu. Ceci se pratique couramment dans les formations professionnelles d'adultes. Je pense que ce système devrait être mis en place dans l'enseignement scolaire car, même s'il est rarement bien structuré, il a néanmoins le mérite de faire remonter rapidement les plus gros dysfonctionnements.

Bien, à supposer que cela fonctionne, que fait-on des enseignants insuffisants ? On les recycle sur une autre matière ou ils seraient meilleurs, on les forme aux nouveautés (formation continue oblige). Et on les sort du système enseignants au moins quelque temps. Je pense qu'on ne peut pas enseigner avec la même détermination toute une vie. A force d'enseigner et ne faire que celà, on attrape des tics, des jeux de mots, des tournures de pensée mécaniques et tout doucement, sans sans rendre compte on cède à la facilité, on perd en qualité d'enseignement, en motivation profonde ... et c'est les élèves qui en font les frais.

Pour moi, il me semble évident qu'une mission d'enseignement doit être limitée dans le temps et alternée avec autre chose. Par exemple un prof d'histoire enseigne un certain temps puis effectue un travail de recherche dans les archives départementales... On dit qu'il n'y a pas de sot métier ! Cette assertion est fausse. Il y a des métiers très intéressants, passionnants même et d'autres qui sont dangereux, salissants, dégradants même ! Il ne faut pas se voiler la face.

Alors comment faire si on souhaite un peu plus d'équité dans ce monde ? Il faut que chaque métier soit limité dans le temps. On ne doit pas pouvoir rester ouvrier spécialisé ou berger ou enseignant ou directeur de société toute sa vie durant. Il faut que chacun puisse et doive changer (dans mon esprit c'est plus un devoir qu'un droit). Et bien sûr cette disposition concerne au premier chef les enseignants.

3. Motivation des éléves
J'ai donné des cours techniques pour adultes; en règle générale je n'ai qu'une dizaine de participants à former durant une semaine. La motivation de ceux-ci est toujours importante. L'idéal pour un enseignant. Il m'est quand même arrivé une fois ou deux d'avoir une moitié de participants, venus là pour faire bouche trous, pour rentabiliser la formation qui a un coût bien sûr. Je dois dire que ces participants non motivés m'ont fichu un sacré bourdon. Je plains sincèrement les profs qui ont nombre d'élèves non motivés dans leur cours.

Alors comment motiver des élèves, si c'est possible ?
A priori, la motivation vient de l'élève, elle lui est intérieure en quelque sorte. Néanmoins l'enseignant peut intéresser un élève même peu motivé par son enthousiasme, sa joie de vivre, sa qualité d'écoute, la justesse et la clarté de ses explications. Je crois qu'on peut motiver un peu mieux les élèves en leur donnant la possibilté d'enseigner à leurs semblables ou cadets.

Ceci leur conférerait plus d'assurance pour s'exprimer, leur donnerait confiance en eux, les préparerait à la vie active future, leur ferait toucher tout l'intérêt de l'enseignement. On obtiendrait ainsi une multiplication du nombre d'enseignants potentiels permettant de réduire la taille des 'classes'. Les profs deviendraient plus des directeurs d'études que des enseignants purs; ils verraient immédiatement si leur enseignement a bien été compris. De même les élèves pourraient juger presqu' automatiquement, la qualité de l'enseignement reçu; si le prof a mal expliqué, ils auront quelque difficulté à enseigner à leur tour. Si au contraire, le prof a très bien fait passer son message, les élèves n'auront guère de difficulté à rediffuser celui-ci.

4. Programme
Le programme scolaire du tronc commun doit être allégé au maximum sachant que c'est la formation (professionnelle) continue qui prend le relais; on a repoussé l'age de scolarité à 16 ans: une abérration voulue pour masquer le problème émergent du chomage, il y a quelques décennies déjà. Obliger un éléve non motivé à rester à l'école, c'est transformer celle-ci en garderie ou en prison, rien à voir avec son objectif de base, l'enseignement et la formation.

Il faut revenir à la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans. Au dela formation continue du type alternance avec des périodes de travail. Au début la durée de travail est réduite puis elle croit régulièrement chaque année jusqu'à arriver à un temps de travail normal pour un adulte (32 heures, 35, 37, ...? environ par semaine)

Le programme de tronc commun peut alors se focaliser sur l'essentiel en évitant les spécificités qui font qu'il devient difficile de choisir sa bonne option de baccalauréat. Je pense qu'un choix parmis une dizaine de types de baccalauréats serait largement suffisant.

5. Système
Primaire, Secondaire, Terminale, Fac ou grande école. Privé ou public. Pas sûr que le système scolaire actuel soit le meilleur. Mais il n'est pas si mal et chacun sait combien il est difficile de réformer, réellement, un système. Ici encore je persiste à croire que la réduction du nombre d'élèves par établissement suffirait à faire évoluer le système par contrecoup.

Conclusion:
Je suis conscient de ne pas avoir fait le tour du sujet et d'avoir laissé beaucoup de points dans l'ombre.
Néanmoins s'il faut récapituler disons que la qualité de l'enseignement peut être améliorée en:
1) réduisant la taille des établissement scolaires à 150 élèves environ
2) instaurant pour les enseignants, une alternance période d'enseignement, période d'autre travail ou de formation
3) demandant aux élèves de rediffuser l'enseignement reçu presqu'immédiatement
4) réduisant la durée du tronc commun et en systématisant et en organisant mieux la formation continue à suivre
5) en diminuant le nombre d'options des examens principaux


Ces 5 mesures rendront l'enseignement à taille humaine, par opposition à la taille industrielle ou économique; de ce fait bien des dysfonctionnements ou des dérives seront évités naturellement. Enfin la motivation des enseignants et des élèves sera plus grande du fait d'une plus grande implication personnelle de chacun et d'une plus grande clarté dans les objectifs finaux de l'enseignement.

Edité le:05/03/2019